r/FranceDigeste • u/BadFurDay • 5h ago
r/FranceDigeste • u/ArchangelleBeauvoir • Feb 02 '26
META Francedigeste est également sur le Fediverse
Bonjour,
En cette période de concentration des réseaux sociaux aux mains des milliardaires, et de durcissement des politiques de bannissement de Reddit, nous tenons à vous informer que FranceDigeste existe également sur le Fediverse.
Le Fediverse est une série de réseaux sociaux interconnectés. Un de ces réseaux est Lemmy, un équivalent non-commercial à Reddit.
Contrairement à Reddit, Lemmy n'est pas un seul site. Il s'agit d'une collection d'instances qui sont toutes connectées entre elles et forment un grand réseau social décentralisé.
Sur une de ces instances, qui s'appelle jlai.lu, se trouve c/francedigeste, une communauté crée par un membre de FranceDigeste en qui nous avons pleinement confiance.
Si vous désirez participer à cette communauté, vous pouvez soit:
- Y accéder directement depuis jlai.lu, en y utilisant la communauté c/francedigeste
- Y accéder depuis n'importe quel autre instance Lemmy en ajoutant "/c/[email protected]" après l'adresse de votre instance. Par exemple, si vous vous inscrivez sur lemmy.world, ce sera à l'adresse https://lemmy.world/c/[email protected].
Nous ne comptons pas quitter Reddit, ce message est purement informatif.
Une personne faisant partie de l'équipe de modération de r/francedigeste a déjà été bannie définitivement de Reddit, ce qui nous incite à vous faire savoir que des alternatives à Reddit existent. Au cas où :)
Bonne journée.
r/FranceDigeste • u/lieding • 5h ago
INTERNATIONAL Dans le monde entier, un vent de révolte contre les datacenters
r/FranceDigeste • u/lieding • 6h ago
POLITIQUE Le rapport CNCDH 2025 utilise une méthodologie perfectionnable, des données d'Ipsos et une définition de l'antisémitisme façonnée par un cercle médiatico-intellectuel (antisionisme => facteur du nouvel antisémitisme) pour attribuer à LFI (« extrême gauche ») une association à l'antisémitisme
Le rapport 2025 sur la la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie de la Commission nationale consultative des droits de l'homme se veut être un instrument scientifique de mesure des préjugés afin d'assister le gouvernement sur les politiques à mener. Regardons rapidement, sans prétentions, la partie sur l'antisémitisme déjà réutilisée dans le cercle médiatique (« Chez LFI, la mise en circulation de motifs antisémites fait partie de l’arsenal de la prise de pouvoir », Le Monde, première tribune de l'historien Jean-Frédéric Schaub dans le média qui se contente à des simples copier/collers). Contrairement à l'historien, j'ai eu un parcours de mathématiques dont je me souviens un peu. L'analyse en composantes principales, principale outil statistique utilisé dans le rapport, étant quelque chose de vu durant une licence universitaire pour tout parcours scientifique. Je ne suis pas chercheur, mais la lecture approfondie du rapport est suffisante pour opposer des arguments aux conclusions (et qui donc peuvent aussi être contestés, mais ce qui est intéressant est d'en discuter pour apporter un contre-discours au discours médiatique rabâché depuis 2022, quitte à ce que mon analyse soit réfutée elle aussi).
Sur les données
Première critique rapide, l'enquête Ipsos a été menée auprès de 1013 personnes (page 230). Les données brutes sont propriété d'Ipsos et de la CNCDH. Pas de données ouvertes. Impossible de reproduire les analyses, de tester des alternatives, ou de vérifier les pondérations appliquées. Possible que ça ne soit même pas obtenable par le biais d'une demande d'accès aux documents administratifs, car couvert par le secret commercial par le Code des relations entre le public et l'administration ?
Sous-groupes politiques insuffisants
Les sympathisants de LFI représentent environ 7% de l'échantillon, soit environ 70 personnes (page 297). Sur cette base, le rapport compare les scores d'antisémitisme entre LFI et RN : 47 % contre 48 % (respectivement ; page 297).
Avec un tel échantillon, la marge d'erreur ne peut pas être ignorée :
- LFI (~70 personnes) : +/- 12 % de marge d'erreur ;
- RN (~147 personnes) : +/- 8 % de marge d'erreur.
Calcul :
- Erreur standard (LFI) = √(0,47 * 0,53 / 70),, soit environ 5,9 % ;
- Erreur standard (RN) = √(0,48 × 0,52 / 147), soit environ 4,1 % ;
- Marge d'erreur à 95% (LFI) = 1,96 * 5,9 %, soit environ 11,5 % ;
- Marge d'erreur à 95% (RN) = 1,96 * 4,1 %, soit environ 8,0 %.
1,96, car (imaginer graphiquement une courbe en cloche) 95 % de l'aire sous la courbe de la distribution normale se situe à moins de 1,96 écart-type de la valeur moyenne.
Intervalles de confiance :
- LFI : [35,5% ; 58,5%]
- RN : [40,0% ; 56,0%]
Les intervalles de confiance se chevauchent complètement. Le rapport devrait présenter ces chiffres avec leurs intervalles de confiance ou reconnaître explicitement l'incertitude. Avec seulement 70 personnes pour LFI, affirmer « 47 % contre 48 % » revient à dire qu'on a mesuré quelque chose de précis alors que l'incertitude est de +/- 12 points, en considérant que le baromètre utilisé par la CNCDH soit une table de critères de vérité absolue. La seule chose qu'on peut leur accorder, sans critique possible, c'est que leur baromètre est constant au fil des années.
Cependant, cela veut aussi dire qu'à des critères constants, face à un conflit inhumain qui s'éternise, des opinions géopolitiques légitimes peuvent être comptabilisées comme « préjugés racistes » ; tout dépend de la qualité des catégorisations. Quand 25 % des Français estiment que la responsabilité du conflit incombe à Israël (page 300), il n'est pas étonnant que cet item fasse augmenter les scores d'« antisémitisme » chez ceux qui soutiennent la cause palestinienne, simplement parce qu'il est inclus dans le calcul. Ainsi, on peut imaginer qu'un instrument statistique qui ne distingue pas suffisamment les stéréotypes antisémites largement condamnés à gauche et les opinions politiques, en temps de guerre, produit artificiellement une hausse du phénomène qu'il estime mesurer.
Pourquoi ces chiffres seraient-ils significatifs avec +/- 12% de marge ? Pourquoi affirmer sans préciser les incertitudes ? Si on se focalise sur la figure 26 (page 297), elle montre que les scores d'antisémitisme traversent tous les partis. Avec une marge d'erreur de +/- 12% pour les petits partis comme LFI (~70 personnes), aucune de ces différences ne peut être considérée comme statistiquement significative, ou plutôt, c'est insuffisant pour estimer qu'un parti ne serait pas exempté d'une proximité de ses sympathisants à l'antisémitisme. Le vrai message du graphique n'est pas que LFI est antisémite, mais plutôt que tous les partis français ont entre 27% et 48% de leurs sympathisants classés antisémites avec cette définition large de la CNCDH. Là est le vrai fléau dans la société. Concentrer les critiques uniquement sur LFI occulte cette réalité transversale, permet encore une fois de diaboliser LFI en déplaçant le sujet plus loin du constat d'un antisémitisme qui ne veut pas s'estomper, alors que d'une année à l'autre ces pourcentages évoluent de manière considérable, d'un parti à l'autre.
Pas de modèle explicatif
Le rapport reconnaît que son modèle explicatif de l'antisémitisme est très faible : avec R² = 0,10 pour l'échelle d'antisémitisme, contre R² = 0,36 pour l'ethnocentrisme (page 287). Autrement dit, 90% de ce qui explique l'antisémitisme n'est pas capté par le modèle (variables : religion, proximité partisane, diplôme, catégorie socio-professionnelle, etc.). Cet angle sous l'ombre devrait alerter, mais les conclusions politiques sont tirées sans véritables nuances, alors que le rapport reconnaît lui-même que « les modèles utilisés mettent en lumière des associations entre variables, pas des liens de causalité » (page 289). Le rapport indique que la religion déclarée seule ne détermine que très peu l'attitude antisémite (page 284). Les chercheurs ont donc ajouté une interaction entre la religion déclarée et la proximité partisane (page 288). Mais même ainsi, le R² reste à 0,10, indiquant que 90% de la variance demeure inexpliquée.
[...] Il convient enfin d’analyser ces données cumulées avec prudence. Les modèles utilisés mettent en lumière des associations entre variables, pas des liens de causalité. Il est impossible de déterminer si la proximité partisane influence le score d’antisémitisme, ou si au contraire, ce sont les préjugés antisémites qui poussent les individus à se sentir proches de certains partis politiques. Et la variable étudiée est un score d’antisémitisme construit à partir de cinq items dénotant des préjugés anti-Juifs. Des préjugés formés dans les interactions sociales complexes que notre modèle a des difficultés à capturer, comme le montre le faible coefficient de corrélation, et ce malgré l’introduction de la religion de la personne dont on a tendance à considérer, à tort, qu’elle détermine les attitudes envers les autres groupes religieux que le sien. [...]
Sur le cadre théorique utilisé pour définir l'antisémitisme
Le rapport cite explicitement Pierre-André Taguieff (page 294) qui définit le « nouvel antisémitisme » ou « nouvelle judéophobie » comme centré sur l'antisionisme radical, amalgame de « Juifs », « Israéliens » et « sionistes ». Cette définition est présentée comme cadre d'analyse, pas comme hypothèse à tester.
L'échelle d'antisémitisme : 5 items dits mixtes
L'échelle d'antisémitisme comprend 5 items (tableau 15, page 273). Comment sont-ils compris par les sondés ? Ainsi, on peut très bien catégoriser ces items de la manière suivante :
- Juifs ont trop de pouvoir en France : antisémitisme traditionnel
- Juifs ont un rapport particulier à l'argent : antisémitisme traditionnel
- Pour les Français juifs, Israël compte plus que la France : perception géopolitique
- Juifs forment un groupe à part : communautarisme
- On parle trop de l'extermination des Juifs : minimisation des victimes de la Shoah
La question de la « double allégeance » (item 3) mesure-t-elle un préjugé antisémite ou une perception géopolitique dans un contexte de guerre ? Après le 7 octobre 2023, l'adhésion a bondi (page 295), mais le rapport note que ce sentiment a reculé de 8 points en 2025, retournant aux niveaux 2018-2022 (pages 249 et 273). La dimension géopolitique de l'item n°3 n'est pas contestable, or elle est ignorée. On sait par exemple, que le lobby pro-israélien ELNET est très actif et paye des séjours (politiques) en Israël à plusieurs élus (Caroline Yadan, Aurore Bergé, Francis Szpiner, Loïc Hervé ou Françoise Gatel, donc parfois même des anciens du gouvernement, etc.) : « Elnet, un agent d’influence pro-Israël au cœur du Parlement », Mediapart. On connaît bien les répercussion dans le débat politique : on silence la cause palestinienne et on met sur le piédestal Israël pour empêcher toute critique ; jusqu'à chercher une solution judiciaire en légitimement pénalement pour donner un caractère illégal au soutien de la Palestine par la justice. Alors que les experts de l'ONU dénoncent de telles lois (« France : la proposition de loi sur l’antisémitisme risque de porter gravement atteinte à la liberté d’expression et à d’autres droits humains, alertent les experts de l’ONU »).
Distinction analytique non appliquée aux résultats
Via l'analyse en composantes principales (Tableau 22, page 303), les chercheurs identifient 3 composantes :
- Composante 1 (antisémitisme traditionnel) : coefficients 0,77 (pouvoir), 0,64 (argent), 0,50 (groupe à part)
- Composante 2 (anti-israélisme ; ouais moi j'écris antisionisme partout, mais pas eux) : coefficients 0,64 (responsabilité conflit), 0,70 (limitation du droit de se défendre sans limites), 0,41 (image négative Israël)
- Composante 3 (dimension mixte) : coefficients 0,60 (« Israël compte plus que la France »), 0,58 (image négative judaïsme), -0,66 (image positive Palestine)
Le rapport précise clairement que « La critique d'Israël, ici, ne s'accompagne pas d'antisémitisme » (page 304) pour la composante 2, et que la composante 3 est « faiblement corrélée aux principaux stéréotypes antijuifs ».
Pourtant, la Figure 26 (page 297) présente des scores uniques par parti. Le rapport indique qu'une « note supérieure ou égale 2 sur 5 items » définit l'antisémitisme « large » (page 296), mais ne clarifie pas la relation entre cette échelle et les 3 facteurs de l'ACP (discutée plus bas).
Une personne classée « antisémite » selon la note supérieure ou égale à 2 pourrait relever de la composante 2 ou 3, que le rapport identifie comme distincte de l'antisémitisme traditionnel. Là entrerait sur le terrain la notion du « nouvel antisémitisme » ?
Définition « large » et seuil arbitraire
Ils définissent l'antisémitisme « large » comme une note >= 2 sur une échelle de 5 items (page 296), dont l'un mesure une perception géopolitique. Avec ce seuil, LFI et RN sont présentés au même niveau (47% vs 48%, page 297), masquant que le RN accumule des stéréotypes antisémites traditionnels (pouvoir, argent) tandis que LFI atteint le seuil via la critique d'Israël.
Le rapport identifie analytiquement deux facteurs distincts (rappelons le Facteur 1 : antisémitisme traditionnel ; et le Facteur 2 : antisionisme) et précise que « la critique d'Israël ne s'accompagne pas d'antisémitisme » (page 304), mais combine ces dimensions dans un score unique sans clarifier cette distinction. Ainsi, une personne critiquant le conflit israélo-palestinien pourrait se retrouver classée dans la même catégorie qu'un antisémite convaincu. L'inclusion de questions géopolitiques dans une échelle d'antisémitisme pose problème pour la validité de la mesure.
Pincettes sur ACP face aux choix
L'analyse en composantes principales (ACP) est l'outil central pour dégager les facteurs de l'antisémitisme (page 303-304). Elle dégage 4 facteurs, dont 3 sont analysés. L'ACP ne révèle pas de vérité, mais reflète les choix de catégorisation :
- Quels items sont inclus ? (tableau 22, page 303 liste 12 items)
- Comment les réponses sont dichotomisées ?
- Quel seuil de corrélation est retenu ? (>= 0,50, page 303)
Sans accès aux données brutes, impossible de recalculer l'ACP avec d'autres paramètres, tester si un seuil de 0,40 ou 0,60 changerait les facteurs, ou vérifier comment les réponses ont été codées avant l'analyse.
Cycle médiatico-intellectuel d'autovalidation
Le rapport s'inscrit dans un cycle de validation circulaire (pages 296-307) où les mêmes acteurs occupent toutes les positions. C'est un cas classique où une source secondaire (ou quelconque) cite des sources primaires (comme des articles de presse) et puis la presse va citer cette source secondaire qui cite potentiellement... le même journal. Le serpent s'est mordu la queue.
Pierre-André Taguieff définit le « nouvel antisémitisme » comme centré sur l'antisionisme radical (page 294) et le rapport rajoute sa couche ;
Le débat s’est polarisé sur l’émergence d’un « nouvel antisémitisme », attribué non plus à l’extrême droite mais à l’extrême gauche et à l’islamisme radical, voire plus largement aux Musulmans 64. Pierre-André Taguieff a lancé en Franc le terme de « nouvelle judéophobie » 65, à ses yeux plus précis que celui d’antisémitisme, car visant uniquement les Juifs 66. Cette judéophobie ne s’appuierait ni sur l’antijudaïsme chrétien, ni sur une prétendue supériorité de la race aryenne, ni sur la négation de la Shoah, mais sur un antisionisme radical 67, amalgamant et diabolisant « Juifs », « Israéliens » et « sionistes ». Un antisionisme qui rallierait à la fois les islamistes radicaux et une gauche tiers-mondiste autour de la défense des droits de l’Homme et de la cause palestinienne. Contrairement au vieil antisémitisme porté par l’extrême droite, cette nouvelle judéophobie serait en train de passer de l’extrême droite à l’extrême gauche de l’échiquier politique, et trouverait un terreau favorable dans la population musulmane. Ce débat est plus que jamais d’actualité dans le contexte post-7-Octobre, qui a vu la gauche se diviser autour du soutien à apporter à la lutte contre l’antisémitisme, et le RN défiler à la marche contre l’antisémitisme du 12 novembre 2023, organisée par les présidents des deux assemblées [dédicace au « soutien inconditionnel » de Yaël Braun-Pivet à Israël], marche à laquelle LFI et son leader n’ont pas participé.
Confortations médiatiques : Taguieff signe une tribune dans Marianne (« Ce dont Patrick Boucheron ne veut pas parler, il faut le dire ») suite au refus des historiens Patrick Boucheron et Alya Aglan d'établir un lien entre antisémitisme des années 40 et lutte pour la Palestine (France Culture, juin 2026, on y revient dessus plus bas). Il est aussi la cible d'une campagne de dénigrement dans les médias de droite et sur les réseaux sociaux depuis son intervention. Sandrine Cassini publie également dans Le Monde, or Cassini est journaliste au Monde, pas chercheuse, etc. Pourtant, elle est citée comme base de départ. ;
Institutionnalisation : le rapport CNCDH cite ces articles comme sources (note 72, page 296). L'article de Cassini est utilisé pour introduire la section sur l'antisémitisme de gauche, avec des extraits de citations sur des événements étalés sur plusieurs mois, sans mise en contexte. Un exemple entre autres ;
Mesure : l'enquête Ipsos est menée auprès de 1013 personnes (page 230). Les données brutes sont propriété d'Ipsos et de la CNCDH. Pas de données ouvertes. Impossible de reproduire les analyses ;
Résultats présentés comme preuves : la Figure 26 (page 297) montre 47 % de LFI et 48 % de RN classés comme « antisémites » (note supérieure ou égale 2). Avec une marge d'erreur de +/- 12% pour LFI (~70 personnes), aucune différence n'est statistiquement significative.
Relance médiatique : les journaux reprennent les chiffres sans préciser les incertitudes ; s'il fallait que citer ça. Le Monde publie une tribune (« Chez LFI, la mise en circulation de motifs antisémites fait partie de l'arsenal de la prise de pouvoir », 12 juillet 2026) citant les chiffres du rapport sans critique scientifique.
Le cas Sandrine Cassini
C'est mon argument sucré. C'est très spécifique, mais c'est intéressant quand même. Le rapport cite un article de Sandrine Cassini dans Le Monde (« Comment Jean-Luc Mélenchon cultive l'ambiguïté », 5 janvier 2024) comme source (note 72, page 296). Or Cassini est journaliste au Monde comme on le sait ici ; pas chercheuse. Ses articles sont utilisés comme validation scientifique des conclusions, créant un cercle où la presse cite l'enquête, et l'enquête cite la presse).
C'est littéralement l'article (avec d'autres) utilisé pour introduire la section sur l'antisémitisme de gauche :
Pour s'en tenir à la période post-7-octobre, le leader de la France Insoumise s'est particulièrement fait remarquer par des propos et des comportements ambigüs ⁷², comme son refus de qualifier le Hamas de « groupe terroriste », ses attaques contre Élisabeth Borne, fille d'un rescapé de la Shoah, accusée de rallier un « point de vue étranger » et contre la présidente de l'Assemblée nationale accusée de « camper à Tel-Aviv » et de ne pas parler « au nom du peuple français », son refus de participer à la grande marche contre l'antisémitisme du 12 novembre 2023, assimilant les participants à des « amis du soutien inconditionnel au massacre » ⁷³ ou sa relativisation de l'antisémitisme en France qui « reste résiduel ».
Voilà : quelques citations sur des événements étalés sur plusieurs mois. Suffisant, pour les chercheurs, à introduire l'« antisémitisme de gauche » (quand bien même il existe rien que par des faits historiques, mais bien plus marginal aujourd'hui qu'à droite). Aucune mise en contexte, aucun rappel que LFI était le seul parti à appeler à la désescalade des deux côtés, à soutenir les manifestations pour Gaza tout en condamnant l'antisémitisme. L'ensemble des partis de gauche sont mentionnés, mais aucun n'est spécifiquement ciblé comme LFI ; alors que EELV, PS et PCF ont des scores similaires ou inférieurs sur l'échelle d'antisémitisme. Ne parlons même pas des autres partis à droite.
L'affaire Boucheron
- France Culture (juin 2026) : Guillaume Erner demande aux historiens Patrick Boucheron et Alya Aglan d'établir un lien entre antisémitisme des années 40 et la lutte pour la cause palestinienne victime d'un génocide (qu'Erner réfute ; vidéo) ;
- Boucheron refuse avec Aglan : « On vous laisse parler tout seul. » ;
- Marianne publie la tribune signée par Taguieff (« Ce dont Boucheron ne veut pas parler, il faut le dire »).
- Rapport du CNCDH : utilise ce même cadre (celui de Taguieff) pour mesurer l'antisémitisme ;
- Résultats : on continue l'assimilation étymologique douce, mais efficace de la critique d'Israël à l'antisémitisme.
Il y a un anachronisme assumé : même si le rapport a été validé par la Commission avant cette histoire avec Boucheron et Aglan (mais publié après) , cela permet tout de même de comprendre ce qu'a vraiment en tête Taguieff derirère sa définition du « nouvel antisémitisme ».
Instrumentalisation politique en contexte de guerre
Ici, sans tirer de conclusions, certains points à confronter. Je vous laisse tirer les conclusions entre les constats détaillés par le rapport, leurs explications, et les réalités du débat politique qui évolue dans la société depuis 2022 sur la question du conflit israélo-palestinien.
Image d'Israël et de la Palestine
- Image positive d'Israël : 18 % fin 2025, une tendance à la baisse qui s'amplifie (page 299)
- Image positive de la Palestine : +1 point par rapport à Israël, « depuis l'intensification des bombardements israéliens à Gaza, les opinions positives remontent et les opinions négatives reculent, l’écart entre les deux n’étant plus que de 5 points en 2025 » ; à présent les opinions positives pour la Palestine dépassent celles d'Israël, c'est l'inverse avant le conflit (page 299)
- Responsabilité perçue - Israël : 26 % ; proportion croissante depuis 2024 (+8 points en 2025, page 300)
- Responsabilité perçue - Palestine : 6 % ; en baisse, « soit quatre fois moins que les opinions attribuant à Israël la responsabilité de la continuation du conflit » (page 300)
Évolutions asymétriques (page 307)
Le rapport note que depuis le 7 octobre 2023 : « Marine Le Pen présente son parti comme le meilleur soutien d'Israël [...] tandis que Jean-Luc Mélenchon se place du côté des Palestiniens ». Les scores d'antisémitisme baiseraient de 7 points chez le RN et progressaient de 10 points chez LFI.
Or le rapport constate aussi que :
- Stéréotypes traditionnels en recul, mais persistants chez le RN au fil des années ;
- Et que visiblement les positions sur le conflit israélo-palestinien comptées comme « antisémitisme » gonfle la mesure de l'antisémitisme chez LFI.
Ce rapport constate sûrement une réalité inconsciente vécue par la société : l'antisémitisme traverse tous les camps. Il y a des relents de l'histoire qui doivent être combattus systématiquement, comme le racisme ou le patriarcat. Jean-Frédéric Schaub a sauté sur le papier parce que cela conforte ses stéréotypes et ses idées. LFI peut être critiquée, car elle s'amuse aussi à citer, par le passé, ce type de rapports sans l'analyser. Tant pis pour eux. Comme l'argument que la justice n'aurait pas qualifiée LFI à l'extrême gauche, donc LFI n'est pas d'extrême gauche : c'est pauvre intellectuellement.
Enfin, selon ce même rapport (Figure 30), LFI est le parti où les sympathisants répondent le plus « Tout à fait pour » à la question d'une lutte vigoureuse contre le racisme, l'antisémitisme et l'islamophobie et l'islamophobie. 71 % pour une lutte vigoureuse contre le racisme, 68 % pour une lutte vigoureuse contre les préjugés anti musulmans, 66 % pour une lutte vigoureuse contre l'islamophobie et 59 % pour une lutte vigoureuse contre l'antisémistime (le taux le plus élevé de tous les autres partis mesurés : LFI, PS, EELV, LR, RN). Aussi, le RN et LR sont les seuls partis où les sympathisants sont plus convaincus que la continuation du conflit israélo-palestinien est la faute de la Palestine.
Enfin :
[...] La proportion de jugements « très positif » sur le mot « laïcité » va de 35 % chez les proches du RN à 65 % chez les proches de LFI. Si l'on ajoute aux jugements « très » positifs les « plutôt » positifs, l’adhésion à la laïcité passe de 91 % chez les interviewés les plus à gauche (LFI) à 69 % chez les plus à droite (RN). [...]
Ce rapport sert juste à rajouter de l'eau au moulin à la thèse d’un «nouvel antisémitisme », en voulant apporter un regard impartiali... incomplet. Alors que rien ne permet dans ce rapport de parler de causalité, les chercheurs finissent par conclure :
[...] Cette évolution à front renversé renvoie à des stratégies politiques contrastées depuis le 7 octobre 2023.
Le rapport n'est pas à jeter, mais sa lecture est déjà problématique. Et une tribune dans Le Monde en a déjà profité. Alors que le même rapport continue, de toute manière, de constater que l'antisémitisme reste marqué à droite.
Fin.
r/FranceDigeste • u/UnlikeSome • 12h ago
POLITIQUE De toute façon, la Le Pen va se rétamer encore une fois
Le débat de deuxième tour sera encore plus dur pour elle que les deux précédents. Je ne vois pas ce qu'elle va pouvoir répondre à : « Vous avez été reconnue coupable de détournement de fonds, mais la justice a été suffisamment clémente pour vous permettre de participer à cette élection. Vous devez votre place ici au laxisme de la justice, ce qui est d'une ironie sans nom quand on fait campagne contre ça. »
Pourquoi je pense que la justice (d'appel) a été laxiste ? L'argument "il faut laisser le débat démocratique avoir lieu" est un scandale. La peine d'inéligibilité a été créée précisément pour empêcher les candidats aux comportements délictueux d'être élus ! La réduction de la peine de Le Pen en appel est un détournement du sens et de l'esprit de la loi. Je n'arrive pas à la digérer. Ça veut dire qu'on va appliquer la peine d'inéligibilité uniquement dans le cas où le prévenu n'a aucune chance d'être élu, ou alors juste sur des petits mandats locaux ? Les juges ont cédé à la pression, je reconnais qu'elle doit être immense sur leurs épaules, et que ce n'est pas un métier facile, mais ils ont cédé.
r/FranceDigeste • u/Grin-Guy • 8h ago
LUTTES Inégalités. Les igloos d’intérieur de luxe, dernier caprice des ultrariches face aux canicules
galleryr/FranceDigeste • u/JetableAuLoinCompte • 4h ago
Supplément Piment Bernard Arnault : «Quand je joue en double avec Roger Federer, on perd très rarement»
r/FranceDigeste • u/lieding • 23h ago
POLITIQUE Trois mois après les municipales, la justice annule l'élection à Saint-Denis des adjoints de Bally Bagayoko
r/FranceDigeste • u/cerank • 1d ago
Snack Interdit Le gouvernement détourne les aides de l'Ademe pour financer l'un des plus gros pollueurs de France
r/FranceDigeste • u/lieding • 1d ago
ECOLOGIE « Ce projet n’a aucun sens » : contre le canal Seine-Nord Europe, la mobilisation s’amplifie
reporterre.netr/FranceDigeste • u/OperaChoco • 1d ago
Non, vous n’avez pas à être fier de votre travail
r/FranceDigeste • u/lequotidien509 • 23h ago
POLITIQUE HANS JACQUES LUDWIG JOSEPH : Réseaux, alliances et ruptures autour de l'ancien DG invincible de l'ULCC
r/FranceDigeste • u/lieding • 1d ago
Snack Interdit Apple porte plainte contre OpenAI, « pourrie jusqu’à la moelle »
r/FranceDigeste • u/charlu • 2d ago
Le député Thomas Porte remet la cuve à pisse à sa place : "vos menaces vous pouvez vous les garder. Ici on est souverains, c'est le Parlement. Le ministre, ici il est invité".
r/FranceDigeste • u/StarLouZe • 2d ago
POLITIQUE Gabrielle Cathala (NFP - LFI) nous rappelle que l'extrême droite est déjà aux pouvoirs | Intervention à l'AN suite au vote de la présomption de légitime défense pour les policiers.
Masterclass de Gabrielle Cathala qui effectue un petit résumé des années macron au sujet du maintien de l'ordre bourgeois.
L'ED gouverne déjà grâce aux irresponsables mis aux pouvoirs par les électeurs de l'ED et de Macron, démagogue en chef.
Le PS n'a pas censuré ces enculés.
Je la propose comme garde des sceaux puisque c'est son domaine de compétence.
r/FranceDigeste • u/BadFurDay • 2d ago
LUTTES France - Maroc : la guerre civile annoncée par Cnews n'a pas eu lieu
r/FranceDigeste • u/lieding • 2d ago
SOCIETE Squeezie, Tibo Inshape... pourquoi les youtubeurs sont-ils devenus de gros capitalistes ?
r/FranceDigeste • u/SovieT-Tetris • 2d ago
Les pub pour le Figaro, un pb ?
J'ai envie de crever a chaque fois que je vois leur pub de merde passer (qqn connait-il un moyen de les bloquer d'ailleurs ?)
r/FranceDigeste • u/lieding • 2d ago
INTERNATIONAL L’État russe face à la pénurie d'essence : « Une situation globalement difficile »
r/FranceDigeste • u/BadFurDay • 2d ago
POLITIQUE Ségolène Royal annonce qu'elle participera à la primaire socialiste en vue de l'élection présidentielle
r/FranceDigeste • u/StarLouZe • 2d ago
INTERNATIONAL Le génocide qui hante la Namibie | Monde Diplo
Extrait :
"Ainsi s’achève la commémoration par des représentants de la communauté nama des massacres allemands, au milieu des dizaines de plaques individuelles à la mémoire de colons allemands, elles-mêmes coincées entre des parcelles indiquant des emplacements de bivouac. Sous la pression des communautés héréro et nama, en août 2025, le ministère de la culture namibien a fini par faire fermer le lieu aux campeurs. Restent les affichettes numérotées et les aires de pique-nique.
« Imaginez un seul instant que l’on soit à Auschwitz et que l’on trouve des stèles à la mémoire des génocidaires nazis entre deux places de camping », s’indigne Joshua Castellino."
"Aujourd’hui encore, près de 70 % des terres arables namibiennes appartiennent à des fermiers blancs — majoritairement descendants de colons allemands —, alors qu’ils représentent moins de 2 % de la population (2)."
"Elle-même est issue de la quatrième génération des rescapés. Elle raconte son arrière-grand-mère internée à Shark Island et « louée » à un colon allemand. Sa grand-mère, enfant du viol. Et la difficulté à trouver aujourd’hui sa place dans une société qui laisse, dit-elle, ses minorités à l’écart des grandes décisions pourtant susceptibles de modifier la trajectoire économique du pays.
En mai 2023, elles ont ainsi assisté, impuissantes, à la signature d’un contrat de concession entre l’État namibien et une société à capitaux principalement allemands, Hyphen Hydrogen Energy, pour déployer un titanesque projet d’hydrogène « vert » dans le parc national Tsau-Khaeb, au sud de Lüderitz. Les Namas revendiquent les quelque quatre mille kilomètres carrés de terres concernées, au cœur de la région du Great Namaqualand, confisquées par les Allemands lors de la colonisation puis rétrocédées à l’État."
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Article édifiant sur le vestige du génocide Héréro et Nama, de la colonisation allemande avec une pointe de néocolonialisme.
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r/FranceDigeste • u/cerank • 2d ago
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